Comment annoncer une mauvaise nouvelle

Monterions-nous sur scène sans connaitre le texte de notre pièce ? Donnerions-nous un concert sans avoir un minimum répété ? Evidemment non. De la même façon, se lancer dans une prise de parole sans préparation sérieuse relève du Hara kiri. Méthode concrète pour construire efficacement son intervention orale. 

En entreprise, une prise de parole devant son équipe, même chaleureuse, même détendue, présente des enjeux majeurs pour le dirigeant :

– Crédibilité personnelle 

– Adhésion au changement nécessaire

– Engagement personnel et collectif

Accordons-nous donc l’indispensable temps de préparation !

Eclairez, structurez votre propos

« Bon, merci d’être là. Je voulais vous annoncer que dès demain, nous nous séparerons de tous les intérimaires »

Imaginez l’agitation dans l’esprit des auditeurs. De la tristesse, de l’incompréhension, peut-être du dégoût.  La décharge d’émotion est un barrage à l’attention.

Vous aurez beau expliquer ensuite pourquoi vous devez prendre cette décision, vous ne serez pas entendu. 

Pas entendu = Pas compris = Pas suivi. 

Une structure appropriée favorise l’écoute, la compréhension et in fine l’adhésion.

Pour votre annonce, 3 étapes à respecter

1/ Eclairez le pourquoi

– Expliquez TOUJOURS le contexte avant le plan d’actions

Avant de nous rallier à un plan d’actions (le QUOI), nous avons tous besoin de nous rallier à un état des lieux (le POURQUOI). 

Le seul risque que nous prenons en partageant la situation, c’est de susciter l’intérêt et la compréhension de nos équipes. Soyons transparents !

« Les ventes ont connu une régression de 10% »

« Nous atteignons les limites de capacités de production. En juin, nous ne serons plus en mesure de répondre à la demande »

– 3 explications maximum

Soyons vecteurs de clarté en sélectionnant les informations nécessaires. A l’oral, au-delà de 3 éléments, notre cerveau rentre en surchauffe, c’est la fameuse règle de 3. La mémorisation et la compréhension s’amenuisent.

Donc 3 facteurs explicatifs maximum.

– Soyez brefs et précis

Exercez-vous pour aller à l’essentiel. L’auditoire fait vite le raccourci CLAIR = VRAI. Et à contrario ALAMBIQUE = MENSONGE, même avec les meilleures intentions. 

Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! 

2/ Détaillez le QUOI

– Expliquez les mesures prises calmement, en étant attentif à ce que tout soit bien compris

« Avez-vous des questions sur cette mesure avant que je passe à la suivante ? » « Souhaitez-vous que j’éclaircisse ce point ? »

– Anticipez les interrogations des équipes, et traitez-les sans attendre la question

« On pourrait se dire que se séparer des intérimaires est excessif. C’est vrai que cette mesure peut paraitre dure. Quand on regarde de plus près…. »

3/ Précisez bien le QUAND

La différence entre une vague idée et un changement concret, c’est une date. 

Précisez les délais de mise en application, les grands jalons.

Choisissez les bons mots 

On distingue 3 registres en communication : 

– Le registre conceptuel, ou registre de tête

– Le registre factuel, ou registre de corps

– Le registre émotionnel, ou registre du coeur

Chacun d’entre nous présente un registre naturel prédominant.

Aussi, nous serons fort convaincants pour des personnes qui nous ressemblent. Mais – fort heureusement ! – nos équipes peuvent avoir des registres naturels bien différents.

Aussi, le risque en ne misant que sur notre registre naturel est de passer à côté d’une partie de notre auditoire : 

– Si mon registre naturel est émotionnel, je risque d’être perçu comme un idéaliste, à des années lumière de la réalité, « Gnangnan »

– Si mon registre naturel est factuel, je risque d’être perçu comme manquant de recul ou hermétique aux relations humains, « un robot »

– Si mon registre naturel est conceptuel, je risque d’être perçu comme intellectuel, théorique, « il plane »

Notre enjeu sera donc de combiner les 3 registres CONCEPTUEL + FACTUEL + EMOTIONNEL dans nos interventions. 

– Nous veillerons à donner une vue d’ensemble, une structure claire (CONCEPTUEL)

– Nous étayerons nos propos de preuves indiscutables (FACTUEL)

– Nous ajouterons des mots forts, une anecdote personnelle, un peu de nous (EMOTIONNEL)

En synthèse, une intervention devant son équipe ne s’improvise pas. 

En suivant le plan classique Pourquoi-Quoi-Quand et en maniant les 3 registres de communication Conceptuel-Factuel-Emotionnel, nous aurons franchi un grand pas. 

Prenons le temps de préparer pour éviter de réparer !

Sources : 

Demain je parle en public – 5e éd : Thierry Destrez, Alain Duclos

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens : Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois

Argumenter pour convaincre, Jean et Renée Simonet

La vraie vie de manager, d’entrepreuneure et de formatrice 😉

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